Voici la réponse que nous (FERCSup-CGT, SNESUP-FSU, et SNCS-FSU) avons faite au président Bonnin concernant les mesures proposées pour un Plan de Retour à l'Équilibre.


Monsieur le Président,

Le 15 mai dernier vous avez adressé aux organisations syndicales et aux élus des conseils un document contenant des «propositions d’actions dans le cadre du Plan de Retour à l’Équilibre (PRE) financier 2017», propositions établies sans aucune concertation préalable. Vous nous avez donné 15 jours, incluant le pont de l'ascension, pour formuler des remarques et des contributions sur ce document de 164 pages.

Au-delà du délai excessivement court pour cette phase de consultation, nous tenons à rappeler que le PRE a été rendu nécessaire par le désengagement de l’État, qui n’a pas doté notre université à hauteur des besoins découlant de l’exercice de ses missions. Nous regrettons vivement le choix du rectorat d’avaliser un budget initial 2017 en déficit de 2.8M€ (CA du 13 décembre 2016), pour se dédire trois mois plus tard (CA du 9 mars 2017) en proposant un déficit de 0.4M€ dans le cadre du PRE. Nos syndicats (FERCSup-CGT, SNESUP-FSU, et SNCS-FSU) ne souhaitent pas prendre part à l’élaboration du PRE en formulant des propositions d’économie dans la mesure où le cadre même de cette démarche (l’austérité budgétaire) nous parait dangereux pour notre université. Nous estimons en revanche qu’il est de votre responsabilité d’engager de réelles négociations avec l’État afin de récupérer les marges de manœuvre budgétaires suffisantes pour exercer nos missions.

Certaines des propositions contenues dans le document susmentionné touchent à l’organisation des services (regroupement des activités de courrier et de reprographie, régulation des dépenses informatiques…) et seront donc débattues par les conseils idoines (CT et CHSCT). Nos élu.e.s exerceront toute leur vigilance afin de s’assurer que la mise en œuvre de ces propositions ne dégradera pas les conditions de travail des personnels et seront amené.e.s, dans le cas contraire, à s’y opposer.

Nous relevons également que les économies prévues par ces propositions sont parfois marginales (regrouper les reprographies: 12 k€ ; couper l'éclairage sur le campus la nuit: 3k€), si bien que nous nous interrogeons sur leur impact réel.

D’autres propositions concernent directement les campagnes d’emploi (gel des postes d’enseignants-chercheurs, embauche de personnels précaires chez les BIATSS), les conditions de travail des personnels (suppression des convecteurs électriques ou des climatisations «de confort»…) ou les conditions d’études (fermeture de formations à petits flux, diminution des enveloppes allouées aux contrats étudiants, arrêt de l’éclairage de nuit sur le campus…). Nous refusons de voir les personnels et les étudiants faire les frais de la politique d’austérité voulue par l’État à travers le PRE.

Enfin, au vu du caractère exhaustif du document qui nous est présenté, nous tenons à vous exprimer notre étonnement quant à l’absence de propositions portant sur

  1. les primes dévolues aux vice-présidents et aux chargés de missions (176 771,61 € en 2016, sans baisse prévue en 2017),
  2. les ressources allouées à la transmission d’information aux divers classements internationaux et à la communication institutionnelle. L’augmentation du nombre de demandes d’inscriptions (autour de 15% cette année dans APB) montre pourtant que l’attractivité de l’uB n’est pas menacée.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, nos salutations respectueuses.

FERCSup-CGT, SNESUP-FSU, SNCS-FSU